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Bienvenue à Anse-à-Foleur

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Anse-a-Foleur, Nord-Ouest d'Haiti
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Facts & Statistics
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| Place Name |
Anse-a-Foleur |
| Pronunciation |
awngs-ah-fo-LUHR |
| Place Status (Type) |
town |
| Location |
Nord-Ouest dept., Haiti, Caribbean |
| Latitude |
19°54'N |
| Longitude |
72°37'W |
Anse-a-Foleur (awngs-ah-fo-LUHR), town, Nord-Ouest dept., N Haiti, on
the coast, 14 mi/23 km E of Port-de-Paix; 19°54'N 72°37'W. Rice, cacao,
fruit, coffee; bee-keeping.
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Endroit pres de l' Anse-a-foleur
Arrondissement de
saint-louis du nord -
Bado -
Bambou ligros -
Barriere rouge -
Bas de sainte-anne
- Bayon -
Belair -Bonneau
-
Borgne -
Cabare -
Carrefour -
Cazal -
Chabe -
Chabotte -
Chamoise -
Champanne -

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La
Sainte-Anne de l'Anse-à-Foleur:
Lieu de rencontre du
merveilleux religieux de syncrétisme et de croyances populaires
A côté de la ville-au-Camp, réplique locale du
temple de Salomon à Jérusalem, située à mi-chemin entre Port-de-Paix
et Saint-Louis du Nord, la petite Sainte-Anne à l'Anse-à-Foleur
est l'autre point de destination des visiteurs et des pèlerins
en quête de miracles de toutes sortes venus implorer la vielle
dame. Deux (2) destinations et deux (2) points de mire donc qui
contribuent à rendre un tout petit peu populaire le département
du Nord-Ouest , frappé d'enclavement et d'isolement en raison de
sa longue distance et du mauvais état de la route reliant
Carrefour Joffre au chef-lieu Port-de-Paix. Un isolement quelque
peu atténué ces derniers temps grâce aux très nombreux vols
réguliers de la Tortug'air bien servie par le génial et
talentueux Serge Philippe Pierre. C'est tout à l'honneur de Ti
Sainte Anne dont le pèlerinage revêt autant d'importance pour
ses adeptes et fervents partisans que celui effectué à la Mecque
par les Musulmans. Ce pèlerinage d'un genre particulier gagne en
importance, en rayonnement et en popularité au fur et à mesure
que les croyants et visiteurs qui s'y rendent obtiennent
satisfaction et encouragent leurs proches, parents et amis à
tenter leur chance, eux aussi. Frappés qu'ils sont par les
épreuves et tribulations de toutes sortes, aux abois, les
Haïtiens sont toujours en quête de réconfort et de soulagement.
Et Ti Sainte Anne est là pour répondre et exaucer les prières et
demandes de ceux et celles qui viennent l'implorer. A Port-de-Paix
et dans ses environs immédiats, la sainte est très peu
sollicitée, il est tout autre pour la grande masse des
bénéficiaires des autres régions du pays et de la diaspora qui
vous avouent carrément qu'ils n'ont rien à envier à la Vierge
qui a su régler leurs affaires. Qui dit mieux ? D'autant que la
ville de l'Anse-à-Foleur peut s'enorgueillir d'être un point
d'attraction pour des milliers de gens en quête de miracles, de
guérisons, de mariages, de voyages, de résidences, de chances,
de vengeances, de boules de borlette, de lottos 4 chiffres, de
promotions, d'avancements, de libérations de la prison, de
procès à gagner, et autres balivernes du genre. Autant de
raisons et de sources de motivation qui poussent hommes et
femmes surtout, à venir faire leurs expériences et à venir «voir
les miracles de l'Eternel, les ravages qu'Il a opérés sur la
terre», selon ce verset tiré d'un psaume de la Bible. Si Jésus
de Nazareth était très peu apprécié par les siens, ailleurs et
là où il faisait ses miracles, c'était l'enthousiasme, la
ferveur et le débordement ; il en est de même pour la Petite
Sainte Anne de l'Anse-à-Foleur dont la popularité, le
rayonnement dépasse le cadre étroit de cette bourgade perdue
dans le Département du Nord-Ouest. Perdue, ce n'est pas peu
dire, car cette commune est située au flanc d'une colline
escarpée qui la surplombe de long en large entre une rivière peu
clémente quand elle est en crue à l'Ouest et une mer très agitée
lors des marées montantes au nord et qui la menace journellement,
obligeant les habitants du littoral à abandonner leurs maisons,
qui ne sont même pas nombreuses. N'est-ce pas un miracle de la
Vierge si la ville subsiste toujours coincée qu'elle est par les
eaux de la mer et de la rivière qui ne jouent pas ? Elle vous
rappelle carrément la Hollande ou les Pays-Bas dont le niveau de
la mer est plus élevé que celui de la terre, et qui subsiste
grâce à l'ingéniosité, à la perspicacité et au talent des
ingénieurs hollandais passés maîtres dans l'art de faire la
guerre à la mer pour la contenir en élevant de très fortes
murailles qui bordurent le pays. Tel n'est pas le cas pour
l'Anse-à-Foleur ; d'autant que comparaison n'est pas toujours
raison. Mais la Sainte est là et qui veille, vigilante, sur ses
enfants.
C'est l'occasion d'inviter tous et chacun, visiteurs catholiques
professant le syncrétisme, adeptes du vaudou, ethnologues,
anthropologues, sociologues, chercheurs, journalistes, simples
curieux, à faire un petit coup de pied là-bas, à voir de leurs
yeux, à se rendre à l'évidence et à tirer leur propre
conclusion. En attendant, faisons la démarcation entre la part
de vérité et d'exagération qui enrobe tout ce système du
merveilleux populaire et religieux de chez nous : deux (2)
saintes et deux (2) orientations diverses pour une seule petite
commune.
La Grande Sainte Anne de l'Eglise catholique
Le sous-titre même vous fait vite découvrir qu'à
Anse-à-Foleur trônent majestueusement deux (2) sainte Anne :
une grande et une petite, cohabitant dans la même localité
et ayant chacune sa propre importance. Quant à la Grande
Sainte Anne, c'est la patronne de la commune ou de la
paroisse. Célébrée le 26 juillet, la fête de la Sainte Anne
est aussi populaire à Anse-à-Foleur qu'elle l'est dans
d'autres paroisses et diocèses du pays, tels que Sainte Anne
à Port-au-Prince dans l'Ouest, ou à Camp-Perrin dans le Sud.
Là, il n'y a aucune équivoque, on commémore cette fête en
l'honneur de Anne, la femme de Joachim qui est saint, mère
de Marie, Donc Grand-mère de Jésus, Fils de Dieu. S'il y a
un endroit du pays où cette fête est particulièrement
célébrée, c'est dans la Plaine du Nord. Revenons à
Anse-à-Foleur pour dire que le clergé paroissial s'attache à
la Sainte de l'Eglise catholique, honorée le 26 juillet de
chaque année. Mais, parallèlement sous le regard indifférent
de l'Eglise règne une activité trépidante journellement avec
cette masse de pèlerins venus de partout faire leurs prières
et demandes à Ti Sainte Anne, cette autre Sainte parallèle.
La Petite dans la grande Sainte Anne
Petite en appellation, mais grande en renommée et en
popularité dues surtout aux nombreux miracles, prouesses et
vertus dont elle est à la base, la petite sainte mérite
d'être mieux connue, perçue et appréciée. Aucun travail de
vulgarisation et de promotion par aucune instance n'est
jamais fait en ce sens. J'entends déchirer en partie le
voile du temple pour que puisse éclater le scandale de la
vérité. A ce moment-là, la Tite Sainte Anne sera connue et
honorée sous son vrai jour et à sa juste valeur. Ce qu'il
faut savoir et retenir dans cette curieuse affaire de Ti
Sainte Anne, c'est qu'il y a une légende pas trop élucidée à
la base de cette dévotion et de cet engouement
mystico-populaire. Comment a pris naissance ce pèlerinage
fait à la Vierge qui semble ne plus vouloir rester dans
l'incognito jusqu'à provoquer d'éclatants miracles, mais qui
malheureusement ne sont pas connus de la presse et du grand
public ? Le moment est donc venu pour qu'une véritable
dévotion soit consacrée à Tite Sainte Anne pour les nombreux
bienfaits dispensés. Ce qui permettra que des visiteurs,
chercheurs et touristes d'ici et d'ailleurs s'intéresseront
à l'affaire, la prendront en cause jusqu'à ce que la Sainte
ait un véritable rayonnement national et international. A
l'égal des pèlerinages effectués à Lourdes en France, à
Fatima au Portugal, à Saint-Jacques de Compostelle en
Espagne, à Notre-Dame de Guadelupe au Mexique, à Padre Prio
en Italie, à la Vierge Noire en Pologne, etc, même si tous
sont reconnus officiellement par l'Eglise. Notre Sainte Anne
à nous, c'est une affaire nationale dans le sens du
syncrétisme en usage chez nous.
L'histoire de «Ti Sainte Anne» ne remonte pas à très
longtemps. Elle a pris naissance véritablement vers le début
du XXe siècle à Anse-à-Foleur. Selon la légende, un groupe
de gens se rendaient en pèlerinage à Higuey en République
dominicaine, pendant qu'ils traversaient les 21 passes d'eau
une fillette a remarqué à l'eau une espèce de poupée dans
différentes passes. Intriguée, elle a attiré l'attention des
autres, et la statue fut ramenée à Anse-à-Foleur et jetée
dans un coin. On l'a d'abord jetée dans un puits, mais elle
a réapparu à la même place à chaque fois jusqu'à ce qu'on
décidât de la révéler au public selon l'avis de la Sainte
parue en songe. Au début, il fallait 25 centimes pour la
voir. Des 25 centimes, l'enchère est montée à 50 centimes, à
1 gde, 5 gdes jusqu'à ce qu'elle s'élève aujourd'hui à 10
gdes. La première personne qui était en charge d'organiser
le rituel du pèlerinage s'appelait Dédé Mezina, très proche
de feu mon grand-père Dajeanson Dauphin. Quand je visitai
Tite Sainte Anne pour la première fois j'avais 6 ans. La
Dédé avait dit à ma maman feue Gloria Dauphin que j'étais
dispensé de payer la gourde nécessaire parce que les Dauphin
ont des rapports avec la famille chargée de gérer
l'entreprise. C'est un devoir pour moi aujourd'hui de rendre
la réciprocité et de contribuer à faire mieux connaître la
Vierge qui sûrement doit m'aimer et m'adopter.
Devoir de mémoire
L'ayant visitée à trois (3) reprises, recueillant des
témoignages et confidences de nombre de pèlerins et de
fervents admirateurs, j'estime qu'il est de mon devoir
d'aider à donner une nouvelle impulsion à Sainte Anne
Charitable, de son vrai nom. On pourra en faire un très haut
lieu de pèlerinage accueillant beaucoup plus de monde
d'horizons divers venus apprécier cette merveille de chez
nous et faire leurs propres expériences. A ce moment-là, on
pourra ériger un véritable sanctuaire en lieu et place de
cette maison à étage que lui avait offerte un «armateur»
qu'elle a fait sortir de prison aux USA. On ose aussi
espérer que la Vierge pourra faire un jour un très grand
miracle, un miracle national et collectif, consistant à
susciter à la nation un libérateur, un personnage
providentiel pour la tirer de ses déboires et difficultés.
Elle aussi, elle doit être mécontente du sort et du
traitement faits au pays, victime de la division et de la
mauvaise foi de ses propres fils.
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Louis Anthony Dauphin
Journaliste, Sociologue
Maître-conférencier |
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