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Facts & Statistics
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| Place Name |
Baie-de-Henne |
| Pronunciation |
bai-duh-EN |
| Place Status (Type) |
town |
| Population |
1,009 (1982) |
| Location |
Nord-Ouest dept., Haiti, Caribbean |
| Latitude |
19°40'N |
| Longitude |
73°12'W |
Baie-de-Henne (bai-duh-EN), town (1982 pop. 1,009), Nord-Ouest dept.,
NW Haiti, on Gulf of Gonaives, 36 mi/58 km WNW of Gonaives; 19°40'N 73°12'W.
Fishing port. Bee-keeping.
Baie-de-Henne :
la descente aux enfers 2 Août
2007
Un autre monde, c'est ce que l'on voit
d'entrée de jeu lorsqu'on aborde la route qui mène à Baie-de-Henne. Les
mornes arrogants et insultants dans leur nudité absolue annoncent la couleur
sans ambages, sans coup de guidon. L'enfer, c'est bien ici, même s'il y a
pas d'enseigne. La terre ne saigne plus. Elle ne saignera plus, elle est
vidée. S'il est encore des pousses d'arachide dans des espaces dénudés, les
arbres ont disparu. Même les cactus et les « bayawonn » sont en voie de
disparition. Il est évident que Dieu ne passe plus par-là. Il a jeté
l'éponge et la misère règne en maître.

Quand on trouve un arbre, il faut vite profiter de son
ombre... le prochain peut être très loin
(Photo: Patrice-Manuel Lerebours)
Il n'y a rien à Baie-de-Henne ! Rien, absolument rien à défendre, sinon les
hommes et les femmes qui ne veulent ou ne peuvent plus s'en aller. Ils ont
choisi de mourir tranquillement chez eux. Une forme de suicide collectif
comme dit Willot R. Joseph, l'un des responsables de Ayiti Gouvènans,
l'organisation qui nous a invité à visiter la région du Bas Nord-Ouest, car
il est difficile de comprendre que l'on puisse survivre dans un lieu aussi
aride, aussi macabre.
Les visages sont blafards, les gens
marchent au ralenti. Ils n'ont même plus envie de se plaindre. A quoi bon ?
Cela fait si longtemps qu'on les a oubliés. De plus, pourquoi
raconteraient-ils ce que tout le monde peut voir du premier coup d'oeil ?

Vue panoramique de l'un des plus beaux quartiers de
Baie de henne(Photo: Patrice-Manuel Lerebours)
La misère, ici, a gagné ses lettres de noblesse. On la porte avec dignité et
résignation. Des maisons crevées, en ruine, racontent que cela fait
longtemps que cela dure, trop longtemps. On ne parle plus de Port-au-Prince,
ni de Port-de-Paix. Baie de Henne est un monde à part qui vit replié sur
lui-même, un monde qui essaie d'oublier qu'il existe et qu'il fait partie
d'un pays.
Ici, on vit sans eau, sans électricité,
sans soin de santé, sans autre ressource que le charbon que passent
embarquer des camions tous les trois ou quatre jours. Des camions qui
apportent la vie et qui cependant ne font que prolonger l'agonie d'une
population moribonde et désespérée.

Le local "moderne" de la mairie de Baie de Henne(Photo:
Patrice-Manuel Lerebours)
D'après les déclarations du maire, les travaux de reconstruction du
réseau d'alimentation en eau potable ont été suspendus... faute de pouvoir
acquérir des tuyaux en PVC, une situation intolérable pour la population
d'une des communes les plus arides de la République. Seulement une partie de
la ville a accès à l'eau potable grâce aux robinets installés chez quelques
particuliers. La ville, si nous pouvons appeler ainsi cette agglomération
qui mériterait plutôt l'appellation de village fantôme, ne dispose pas de
fontaine publique, ceux qui n'ont pas l'eau chez eux dépendent, pour cette
ressource précieuse, de la bonne volonté des plus fortunés.

Des mornes "do kale" s'étendant sur des centaines de
kilomètres carrés(Photo: Patrice-Manuel Lerebours)
Le réseau avait été vandalisé lors des
derniers troubles politiques et les panneaux solaires qui alimentaient la
pompe en énergie électrique, volés. L'eau n'arrive pas dans la ville par
gravitation. Il faut la pomper. Et, sans génératrice, il ne reste plus qu'à
utiliser ce bon vieux soleil qui fait de Baie-de-Henne un enfer.
Si dans d'autres villes, l'électricité a
disparu depuis des années, Baie-de-Henne ne l'a jamais connue. Quelques
pylones qui n'ont jamais servi à rien, pas un morceau de fil électrique. Et,
ce n'est pas demain la veille que ce bourg verra l'éclairage électrique,
isolé qu'il est dans un coin perdu entre la mer, le soleil et le désert qui
l'entoure.

Une route sinueuse, dangereuse et stupidement pentue
Là-bas, sur la planète baie-de-hennoise, le transport en commun
n'existe pas et pour rejoindre la ville la plus proche, seuls les camions
qui transportent le charbon sont parfois disponibles pour ceux qui ne
veulent pas aller à pied ou à dos d'âne. |